Les bijoux insulaires des Côtes-d’Armor

Les Côtes du pays de la mer ou plus familièrement connues sous le nom breton des Côtes-d’Armor, se déploient au nord de la Bretagne entre forêts énigmatiques et eaux bleu turquoise. Son littoral de plus de 350 km est ponctué de ports, de phares, de moulins et à la plus grande joie des amateurs d’œuvres naturelles, de multiples bijoux dont nous font cadeau la Terre et la mer.  

Les Côtes-d’Armor, le savent, elles n’ont rien à envier à leurs consœurs d’Azur.  

Je vous propose d’embarquer à bord de notre petit bateau et laissons-nous voguer au grès des flots à la découverte de deux bijoux insulaires que nous offre ces Côtes du pays de la mer.

L’ile de Bréhat

Nous quittons la terre, traversons le chenal du Ferlas pour jeter l’ancre après seulement quelques minutes de navigation au port de notre première escale : l’île de Bréhat.

Principale île d’un archipel composé de 86 îlots, ce petit morceau de granite rose long de 3,5 km et large de 1,5 km met tous nos sens en émoi. Ressentons cette chaleur et cette humidité qui collent à notre peau, avons-nous accosté dans les caraïbes ? Emerveillons-nous devant ces géraniums lierre qui recouvrent de milles couleurs les habitations bréhatines. Ce microclimat, humide, brumeux et venteux offre des conditions idéales pour le développement d’une grande diversité de plantes. À notre gauche, les figuiers côtoient les eucalyptus, un peu plus loin dans la terre, certains habitants ont même planté des palmiers qui semblent se satisfaire à merveille de ce climat méditerranéen.

Maintenant, j’aimerais vous conduire au sud-ouest de l’île, dans un lieu qui me plait particulièrement, c’est le moulin à marée de Birlot. Ce moulin fut construit au début du 17e siècle par le seigneur de Bréhat et avait pour objectif de produire la farine nécessaire pour les habitants de l’île. Son activité cessa en 1920, lorsqu’un boulanger vint s’installer sur l’île et ne se fournit plus qu’en farine venue du continent. Le moulin resta à l’abandon jusqu’en 1990 date à laquelle la commune le racheta pour effectuer des travaux de réhabilitation.

La spécificité de ce moulin à marée réside dans l’alimentation en eau de mer de son mécanisme. La roue de ce dernier n’est pas directement actionnée par le courant de marée, celle-ci rempli l’étang adjacent au moulin et c’est une fois le réservoir plein que la roue immergée peut tourner.

Après un tour à pieds de l’île, nous retournons à notre embarcation qui nous attend à plusieurs centaines de mètres du rivage, l’eau s’étant retirée sous l’effet des dites marées. Ici on a l’habitude, les bretons ont appris à vivre avec ces forces de la nature.

Les Sept îles

Nous quittons le climat tropical de Bréhat et prenons le large direction l’ouest. En face de la côte de granite rose, célèbre pour ses impressionnants amas bruns, l’archipel des sept îles renferme une particularité qui lui est propre : il est la plus ancienne et la plus importante réserve ornithologique de France. Ici, résident essentiellement des oiseaux marins et migrateurs, tels que des Fous de Bassan, des Cormorans et des Macareux, ils partagent les 40ha de terre et les 280ha de mer avec des familles de phoques gris qui eux, y vivent à l’année.

À notre droite, nous pouvons observer l’île aux moines, la seule île de l’archipel ouverte au public et qui fut dans le temps habités, comme son nom l’indique par un groupe de moines. Nous continuons à voguer en direction du nord, et longeons les autres îles de l’archipel. À quelques mètres de notre bateau, des phoques allongés sur des rochers au soleil font sécher leur pelage, surveillés de prêt par des cormorans solitaires.  

Nous continuons un peu plus loin, vers l’île Rouzic, haut lieu de rassemblement des Fous de Bassan. Ce petit bout de terre émergeant des houles bretonnes est l’unique lieu de nidification en France pour le Fou. L’île est recouverte par plus de 20 000 couples de janvier à septembre. Prenons quelques minutes pour observer et contempler depuis notre chaloupe, ce sensationnel spectacle que nous offre le monde animalier. Au-dessus de nous, le plus grand des oiseaux maritimes français déploie son 1m80 d’envergure pour aller pêcher. Après la naissance de leur poussin, les parents se relaient pour aller chercher de la nourriture et peuvent parcourir jusqu’à 1000 km dans un rayon de 100 km autour du site.

Les Fous, comme le reste des habitants de cette planète ne sont pas épargnés par les effets du réchauffement climatique. En effet, ils ont de plus en plus de mal à trouver leurs proies vivant à la surface des eaux, qui réchauffées ne permettent plus à ces poissons d’y vivre.  

Mais pourquoi les appelle-t-on fou d’ailleurs ?

Très bonne question, la réponse est simple. Ce sont les pêcheurs écossais qui le prénommèrent ainsi lorsqu’ils le virent plonger à pic, droit dans la mer, d’une hauteur dépassant parfois 30 mètres, et arrivant dans l’eau à une vitesse d’environ 90 km/h.

C’est l’heure ! Les marées commencent à remonter et il est préférable de prendre le chemin du retour. Une fois à terre, je vous invite à prendre un verre de cidre fait maison chez mon ami Patrick à Paimpol.

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